« Doc:Réécriture d’un mythe » : différence entre les versions
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== Typologie des formes de réécriture mythologique == | |||
{{Doc:Typologie des formes de réécriture}} | |||
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== Le cas Circé == | |||
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== Le cas Médée == | == Le cas Médée == | ||
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== Voir aussi == | |||
→ [https://antiquipop.hypotheses.org/8988 Twin Peaks, le retour… d’Homère !] par François Caruano (Antiquipop, 2020 - Hypothèses) | |||
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Dernière version du 9 septembre 2026 à 21:48
Quelques exemples de mythes réécrits[modifier]
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| Type de réécriture | Œuvre et auteur | Ce qui change / Le déplacement |
|---|---|---|
| Modernisation et anachronisme | → Antigone (Jean Anouilh) (La Table Ronde, 2016) (paru en 1944)
→ Analyse |
Le mythe grec devient une tragédie politique moderne sous l'Occupation. Les personnages utilisent un langage quotidien et des objets contemporains. |
| → Ulysse (James Joyce) (Belles Lettres, 2026) (paru en 1922)
→ Analyse |
L'épopée d'Homère est transposée sur une seule journée ordinaire à Dublin. Le voyage héroïque devient une errance mentale et urbaine moderne. | |
| → Lore Olympus (Rachel Smythe) (BD Hugo, T.1, 2022 - T.11, 2026) - → page WikiFiction dédiée
→ Analyse |
Le royaume des morts devient une métropole moderne et le mythe de Perséphone est réécrit sous l'angle d'une romance contemporaine et des réseaux sociaux. | |
| → L’odyssée de notre patrimoine fictionnel (Atelier Élan des Mots) (AéM, 2025)
→ Analyse |
Réécriture collective intégrant des fictions ayant marqué les membres participants (notre patrimoine fictionnel) dans le canevas homérique, transformant le mythe en œuvre communautaire intertextuelle. | |
| Changement de point de vue (Focalisation) | → Circé (Madeline Miller) (Pocket, 2019)
→ Analyse |
La magicienne, simple obstacle secondaire chez Homère, devient l'héroïne centrale. Le mythe est raconté à la première personne de son point de vue. |
| → L’Odyssée de Pénélope (Margaret Atwood) (Robert Laffont, 2026) (paru en 2022)
→ Analyse |
L'Odyssée racontée depuis les Enfers par Pénélope et le chœur de ses douze servantes pendues, offrant une relecture féministe et critique d'Ulysse. | |
| → Médée (Nancy Peña, dessins ; Blandine Le Callet, rédaction) (Casterman, 2021)
→ Analyse |
Comment devient-on le monstre de l'histoire ? Blandine Le Callet démonte le piège patriarcal et politique qui s'est refermé sur Médée, faisant d'elle la coupable idéale pour blanchir les trahisons de Jason. Tout en restant fidèle à la noirceur finale du mythe, elle lui redonne une profonde dignité humaine. | |
| → Médée (Christa Wolf) (Stock, 2001) (paru en 1996)
→ Analyse |
Médée n'est plus la magicienne infanticide de la tradition, mais une femme libre, bouc émissaire d'une société corrompue qui l'accuse à tort. | |
| Transposition psychanalytique et inconscient | → Hécate - suivi de - Vagadu (Pierre Jean Jouve) (Gallimard, 2010) (parus en 1928, 1931)
→ Analyse |
Le mythe de la déesse des carrefours et de la nuit est transposé dans le Paris des années 1920. Le divin s'efface au profit des théories freudiennes : le personnage moderne incarne le mythe d'Hécate de manière inconsciente, à travers ses pulsions de destruction, sa quête amoureuse absolue et sa confrontation avec la mort. |
| Réécriture archétypale et poétique | → Tristan et Iseut (Michel Cazenave) (Albin Michel, 1994) (paru en 1985)
→ Analyse |
Le mythe médiéval éclaté est unifié dans une prose poétique. L'auteur utilise la grille de lecture de la psychologie jungienne pour transformer la passion amoureuse en une quête mystique et universelle des archétypes de l'inconscient (Animus/Anima). |
| Subversion des rôles et ironie | → Vénus et Adonis (William Shakespeare) (Allia, 1999) (paru en 1593)
→ Analyse |
(Poème narratif) Inversion radicale de la dynamique du désir. Chez Ovide, le désir est réciproque. Shakespeare réécrit le mythe en faisant de Vénus une prédatrice sexuelle vorace et étouffante, face à un Adonis adolescent, boudeur, totalement chaste et insensible à ses charmes. |
| → La guerre de Troie n’aura pas lieu (Jean Giraudoux) (Garnier-Flammarion, 2015) (paru en 1935)
→ Analyse |
Les héros de l'Iliade sont transformés en politiciens cyniques et bourgeois querelleurs. Le ton est ironique et le tragique se mêle au vaudeville. | |
| → Amphitryon 38 (Jean Giraudoux) (Grasset, 1967) (paru en 1929)
→ Analyse |
Le mythe de la séduction d'Alcmène par Zeus est traité comme une comédie de mœurs légère et moderne sur la fidélité conjugale. | |
| → Vendredi ou Les limbes du Pacifique (Michel Tournier) (Folio, 2008) (paru en 1967) — intègre un dossier de Marianne Jaeglé.
→ Analyse |
(Mythe littéraire) Inversion du rapport de force : Robinson ne civilise plus Vendredi, c'est Vendredi qui initie Robinson à une autre manière de vivre. | |
| Transposition de genre (Sci-Fi / Fantasy) | → Ilium (Dan Simmons) (Pocket, 2007) (paru en 2003)
→ Olympos (Dan Simmons) (Pocket, 2008) (paru en 2005) → Analyse |
L'Iliade réécrite dans un futur de science-fiction où les dieux de l'Olympe sont des post-humains utilisant la physique quantique pour rejouer la guerre. L’intertextualité y est poussée à son paroxysme en croisant l'Iliade d'Homère, La Tempête de Shakespeare, À la recherche... de Proust, Ada ou l’ardeur de Nabokov... entre autres. |
Pour une analyse des œuvres citées ci-dessus[modifier]
Antigone (Jean Anouilh)[modifier]
- → Antigone : du personnage tragique à la figure mythique par Stéphanie Urdician (PUBP, 2008 - Persée)
Stéphanie Urdician analyse la persistance des mythèmes et les nouvelles formes de résistance textuelle.
- → Le retour au mythe grec dans le théâtre français contemporain par François Jouan (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1952 - Persée]
François Jouan détaille la confrontation politique entre Créon et Antigone.
Ulysse (James Joyce)[modifier]
- → Réécriture et histoire dans Ulysse de Joyce par Mendel Péladeau-Houle (Université d’Ottawa, 2016).
Cette étude analyse précisément comment Joyce utilise le canevas d'Homère non pas pour copier le passé, mais pour faire entrer en collision les mythes anciens avec l'histoire et les traumatismes du XXe siècle.
- Comment ancrer un mythe antique dans des problématiques contemporaines.
Lore Olympus (Rachel Smythe)[modifier]
L’odyssée de notre patrimoine fictionnel (Atelier Élan des Mots)[modifier]
L’Odyssée de Pénélope (Margaret Atwood)[modifier]
- → Circé et Pénélope : les oubliées de l’Odyssée par Ava Ouaknine et Zoé Esclavissat Lopez (Antiquipop, 2023)
- Cet article étudie comment Margaret Atwood (pour L'Odyssée de Pénélope) et Madeline Miller (pour Circé) transforment des figures mythiques passives en protagonistes de romans dits « psychologiques ».
Voir aussi[modifier]
- → Le pouvoir de renverser un mythe. La Pénélope de Rosaria Lo Russo par Yannick Gouchan (Revue du CAER, 2021)
L’article présente
Penelope, une œuvre dont la forme, le contenu et la réalisation vocale se complètent pour donner lieu à un portrait étonnamment moderne de femme forte qui parvient à s’emparer d’un pouvoir qui lui était nié par le système patriarcal et conjugal. Cette prise de pouvoir au féminin s’inscrit dans la longue tradition des hypertextes inspirés de l’Odyssée, et plus précisément les chants XIX (l’entretien entre Pénélope et le mendiant) et XXIII (les retrouvailles des deux époux). L’inventio de ce poemetto de vingt-sept pages écrit par Rosaria Lo Russo provient donc entièrement du mythe d’Ulysse et de l’Odyssée, passés au crible des réécritures multiples qui se sont succédé.
Cet article se penche sur la capacité des réécritures contemporaines de L'Odyssée à subvertir et déconstruire les systèmes patriarcaux et conjugaux ancrés dans les mythes. Il s'appuie directement sur l'œuvre d'Atwood comme référence de cette émancipation par le texte.
Hécate (Pierre Jean Jouve)[modifier]
- → Hécate dans l’œuvre romanesque de Pierre Jean Jouve par Machteld Castelein (L’entre-deux, 2017)
- → Sur le thème d’Hécate : Hécate (Aventure de Catherine Crachat) de Pierre Jean Jouve et Hécate et ses chiens de Paul Morand par Sophie Choumiloff (PUR, 2002)
- Réécriture psychanalytique et le "mythe personnel".
- Le lien direct avec Déméter et Perséphone :
- Dans la mythologie grecque, Hécate est la déesse de la nuit et de la magie qui guide Déméter (Cérès) avec ses torches pour retrouver Perséphone. Les analyses universitaires de l'œuvre de Jouve (notamment sous le prisme de la psychanalyse lacanienne) font une distinction majeure :
- - Déméter représente la mère "fusionnelle" ou biologique.
- - Hécate incarne la "Mère symbolique", celle qui permet de couper le cordon, de traverser la nuit de l'inconscient et d'accéder à la maturité.
- Comment un personnage mythologique secondaire (Hécate) peut être extrait de son récit pour devenir une allégorie de la psyché humaine.
- Le procédé de l'« Incarnation inconsciente » :
- Chez Jouve, l’héroïne, Catherine Crachat, ne vit pas dans l'Antiquité et ne jette pas de sorts. Elle est une femme moderne des années 1920. Pourtant, elle est Hécate par sa trajectoire : elle traverse des passions destructrices (Éros et Thanatos), manipule son entourage, subit ses propres pulsions et finit par s'exiler.
- Comment infuser l’énergie ou la fonction d’un dieu (la destruction, le deuil, la quête) dans un personnage tout à fait ordinaire et contemporain, sans jamais mentionner explicitement le mot "magie". Le mythe devient une grille de lecture invisible sous le texte.
[modifier]
- → Le mythe de Tristan et Iseut (Michel Cazenave, Marie-Noëlle Toury) (Garnier-Flammarion, 2000) (paru en 1985)
- → Tristan et Iseult, le défi à la loi Propos de Michel Cazenave recueillis par Michèle Decoust (Revue Questions, 1980)
- → Michel Cazenave
- Le procédé de la "Syncrétisation" des sources
- Le premier intérêt technique réside dans la reconstruction du texte. Le mythe médiéval original nous est parvenu complètement éclaté (des fragments de Béroul, de Thomas d'Angleterre, etc.). Cazenave se comporte comme un "trouvère du XXe siècle". Il rassemble ces morceaux, comble les manques, mais au lieu de moderniser la langue, il recrée une prose poétique à la fois moderne et intemporelle. C'est un superbe exemple d'exercice de restauration et d'harmonisation de textes anciens.
- L'exploration de l'Animus et de l'Anima (La grille de lecture jungienne)
- En tant que spécialiste de Carl Gustav Jung, Cazenave n'utilise pas le mythe comme un décor. Il va chercher ce que Jung appelait les archétypes de l'inconscient collectif.
- Dans sa version, Tristan et Iseut ne sont pas juste deux amoureux individualisés. Iseut (la blonde, liée au soleil en gaélique) porte une part symbolique masculine, tandis que Tristan porte une part féminine. Ils forment un couple androgyne mystique où chacun affronte les mêmes épreuves à égalité.
- Comment un auteur peut consciemment structurer la psychologie de ses personnages autour de grilles de lecture psychanalytiques ou philosophiques pour leur donner une portée universelle.
- Les personnages détruisent les codes sociaux (la loi du Roi Marc, le mariage, la morale) parce qu'ils sont guidés par une force symbolique supérieure (le philtre, l'amour absolu).
- Comment écrire une histoire où le personnage n'a pas le choix de ses actes parce qu'il est dépassé par des forces intérieures (ce qui résonne puissamment avec le mythe de Cérès et Perséphone).
Vénus et Adonis (William Shakespeare)[modifier]
- → Shakespeare et les amours de Diane : Endymion, Hippolyte et Adonis par Agnès Lafont (Modernités shakespeariennes, 2010 -OpenEdition)
Alors que, dans la version ovidienne de la fable, Vénus s’habille en Diane pour accompagner le jeune homme, la Vénus de Shakespeare ne cesse de mettre en garde Adonis contre la chasse brutale, celle au sanglier, et se garde bien de porter elle-même l’accoutrement de la chasseresse.
- → Les scènes de la métamorphose par Laurence Thévenieau (ENS de Lyon, 2020)
Ce travail explore les liens d'intertextualité entre le célèbre écrivain et dramaturge anglais William Shakespeare et le poète latin Ovide, dont l'oeuvre principale, les Métamorphoses, a infusé l'ensemble du théâtre élisabéthain.
'La guerre de Troie n'aura pas lieu (Jean Giraudoux)[modifier]
- → Sources, allusions et anachronismes dans La Guerre de Troie n'aura pas lieu par Bruno Curatolo (Collection de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité, 2009 - Persée)
Bruno Curatolo décode l'esprit canularesque et les glissements rhétoriques appliqués à l'épopée.
- → Giraudoux et le tragique grec par Pierre Brunel (Bulletin de l’Association Guillaume Budé, 1983 - Persée]
Pierre Brunel analyse la notion d'impossible paix dans l'intervalle entre les guerres.
Amphitryon 38 (Jean Giraudoux)[modifier]
- → "La longue nuit de Jupiter et d'Alcmène (de Plaute à Giraudoux) par Jean Soubiran (Pallas, 1992 - Persée)
Jean Soubiran confronte les modifications astronomiques et les connotations symboliques des astres d'une réécriture à l'autre.
- → L'usage de l'allusion dans le théâtre de Giraudoux par Jacques Robichez (Cahiers de l'AIEF, 1982 - Persée).
Analyse stylistique.
Vendredi ou Les limbes du Pacifique (Michel Tournier)[modifier]
- → Vendredi ou Les limbes du Pacifique de Michel Tournier (Essai et dossier) (Arlette Bouloumié) (Folio, 1991)
- → De Robinson à vendredi. Réécritures du mythe (Alain Vergnioux)] (Belles Lettres, 2024)
- → Lectures plurielles de Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier par Arlette Bouloumié (PUR, 2013 - OpenEdition)
Plusieurs critiques ont parlé de parodie, de pastiche de Robinson Crusoé. Tournier se livre en effet à une déconstruction du mythe de Robinson, d’abord écrit à la gloire du colonialisme et de l’action prométhéenne de l’homme sur la nature.
- → La conversion dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Le Roi des Aulnes et Les Rois Mages de Michel Tournier par Arlette Bouloumié (PUR, 2014 - OpenEdition)
Ilium, Olympos (Dan Simmons)[modifier]
- → Ilium/Olympos (Techno-Science, 2021)
Présentation détaillée de l’œuvre
- Introduction
- Synopsis
- Personnages
- Humains à l’ancienne
- Moravecs
- Scholiastes
- Autres
- La science
- (Début)
- Armes
- Divers
- Influences littéraires culturelles
- Réception et distinctions
- → Dan Simmons, le gardien du temple homérique par Sylvie Humbert-Mougin (PUS, 2024 - OpenEdition Books)
Sylvie Humbert-Mougin précise :
on laissera de côté cette dimension géopolitique du roman pour se concentrer sur les prises de position de l’auteur au sein des débats de l’époque concernant les Cultural Studies et leur impact sur les textes de l’Antiquité classique.
- → Ilium – Olympos – Dan Simmons par Antoine (lecture-écriture, non daté)
Trois critiques différentes :
- Le Bibliomane – La guerre de Troie n’aura pas lieu
- Fashion Victim – Un roman selon mon cœur
- Karine – La suite, et que ça saute!!
Typologie des formes de réécriture mythologique[modifier]
| Catégories principales | Mécanismes et déplacements | Exemples concrets vus |
|---|---|---|
| Changement d'époque & Temporalité | Modernisation : Transposer l'intrigue dans un contexte contemporain ou récent pour faire résonner des problématiques actuelles. |
|
| Historisation : Resituer le mythe dans un contexte historique |
| |
| Anticipation : Déplacer le canevas mythique dans un avenir technologique ou de science-fiction. |
| |
| Anachronisme structurel : | Briser la flèche du temps pour faire interagir des époques ou des consciences différentes. |
|
| Changement de lieu & Décalage culturel | Extraire le récit de son berceau d'origine pour modifier les codes géographiques, politiques et sociétaux. |
|
| Changement diégétique & Conceptuel | Rationalisation du mythe : Évacuer le merveilleux ou le divin au profit du matérialisme scientifique ou de la raison humaine. |
|
| Transposition technologique / Posthumanisme : Substituer la science de pointe aux attributs magiques ou sacrés. |
| |
| Changement de genre littéraire & Ton | Du drame héroïque à la comédie / Vaudeville : Désamorcer la noblesse ou le tragique par l'ironie, la satire ou la comédie de mœurs. |
|
| Du viol / drame à la romance contemporaine : Modifier l'ethos des relations amoureuses pour coller aux codes d'un genre moderne. |
| |
| Changement de style (Prose poétique) : Unifier des sources éparses dans une esthétique poétique ou symbolique. |
| |
| Changement de genre (Masculin / Féminin) | Réécriture de genre (Féminisme / Riposte) : Adopter le point de vue d'un personnage féminin traditionnellement silencieux ou diabolisé pour déconstruire les biais patriarcaux. |
|
| Intégration psychologique (Jungienne) : Dépasser les clivages de genre pour explorer l'androgynie ou la complétude des archétypes psychiques. |
| |
| Changement de rôle & Structure narrative | Focalisation interne / Confession subjective : Passer d'un récit mythique extérieur (omniscien) à la confidence intime d'un narrateur potentiellement non fiable. |
|
| Éclatement polyphonique : Multiplier les voix narratives pour offrir un puzzle mémoriel et éliminer la pensée unique. |
| |
| Inversion radicale des rapports de force et du désir : Permuter les statuts dominants/dominés ou prédateurs/proies. |
| |
| Suppression ou modification d'un événement pivot : Modifier le dénouement ou un fait majeur pour bouleverser la portée morale du mythe. |
| |
| Intertextualité, Intermédialité | Croisement de réseaux littéraires (Le tissage) : Faire interagir le mythe d'origine avec d'autres monuments de la littérature mondiale. |
|
| Réécriture communautaire / Patrimoniale : Injecter l'imaginaire d'un groupe ou d'autres médias dans la structure du mythe. |
|
Le cas Circé[modifier]
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- → Circé (Madeline Miller) (Pocket, 2019)
- → Le Chant d’Achille (2011) et Circé (2018) de Madeline Miller : Homère en partage par Sylvie Humbert-Mougin (PUS, 2024 - OpenEdition Books)
Sylvie Humbert-Mougin explique comment l'autrice propose une revanche des Cultural Studies et une riposte de genre au canevas homérique.
- → Homère dans la fanfiction de l'extrême contemporain par Martina Stemberger (PUS, 2024 - OpenEdition Books)
Relecture féministe : Martina Stemberger aborde le brisement du silence des femmes de la littérature classique chez Miller et Atwood.
- → Circé et Pénélope : les oubliées de l’Odyssée par Ava Ouaknine et Zoé Esclavissat Lopez (Antiquipop, 2023)
Cet article étudie comment Margaret Atwood (pour L'Odyssée de Pénélope) et Madeline Miller (pour Circé) transforment des figures mythiques passives en protagonistes de romans dits « psychologiques ».
| Thématique | Circé dans L'Odyssée d'Homère (Chant X) | Circé dans le roman de Madeline Miller (2018) |
|---|---|---|
| Statut et rôle | Personnage secondaire et antagoniste. Elle est une magicienne redoutable, une sorcière dangereuse qui piège les hommes et sert d'étape sur le chemin d'Ulysse. | Héroïne et narratrice absolue. Le lecteur suit toute son évolution (enfance parmi les Titans, exil, doutes). Ulysse n'est plus qu'un épisode parmi d'autres dans sa longue vie. |
| La sorcellerie | Un pouvoir inné et malveillant. Ses pouvoirs magiques (métamorphose en pourceaux) sont présentés comme des maléfices divins et arbitraires. | Un savoir acquis par le travail. Sa magie (pharmakeia) est un artisanat qui demande de la patience, l'étude des plantes, de la volonté et un lien avec la terre. |
| La relation à l'autre | Rapport de domination. Elle est soumise par la force et l'épée d'Ulysse (aidé par Hermès). Elle passe rapidement du statut de menace à celui d'alliée soumise. | Complexité psychologique. Ses relations (avec sa famille, Dédale, Ulysse ou Télémaque) explorent la solitude, le traumatisme, l'amour et l'émancipation féminine. |
| La fin du mythe | Disparition du récit. Une fois qu'elle a indiqué la route des Enfers à Ulysse, elle disparaît de l'épopée sans que l'on sache ce qu'elle devient. | Choix existentiel profond. Le roman lui offre une véritable conclusion où elle fait le choix conscient de sa propre destinée (renoncement à l'immortalité). |
Illustration[modifier]
Le cas Médée[modifier]
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Blandine Le Callet[modifier]
- → Médée (Nancy Peña, dessins ; Blandine Le Callet, rédaction) (Casterman, 2021)
- → Pouvoir comprendre, pouvoir soigner, pouvoir guérir dans la série Médée de Peña et Le Callet par Julie Gallego (PUR, 2025 - OpenEdition)
Cet article étudie en détail comment l'autrice s'éloigne de la figure classique de la sorcière pour proposer une Médée savante et rationnelle. Il analyse le rapport du personnage à la médecine, aux sciences antiques et aux plantes (pour soigner ou tuer).
- C’est l’exemple type du procédé de rationalisation du mythe. Il montre comment déshabiller un personnage de ses attributs "magiques" ou divins pour en faire un être de raison et de science, ancré dans une réalité historique palpable.
- → Médée. Versions et interprétations d'un mythe (Blandine Le Callet et autres) (PUFC, Cahiers du théâtre antique n°2 - Cahiers du GITA n°20, 2016)
Ouvrage collectif dirigé en partie par Blandine Le Callet elle-même. Il explore comment le personnage de Médée a été réinventé à travers les âges, et contient des interventions et des analyses sur la genèse de sa propre bande dessinée.
- L'analyse décortique la notion de "monstruosité", démonte le piège patriarcal et politique qui s'est refermé sur Médée (faisant d'elle la coupable idéale pour blanchir les trahisons de Jason). Elle montre comment on peut réhabiliter un personnage considéré par la tradition comme une criminelle absolue en travaillant sur l'intimité et la perspective.
- Le procédé de la "confession" (Narrateur non fiable)
- C'est Médée elle-même, vieille et retirée sur une île, qui prend la parole pour livrer son ultime confession et raconter "sa" vérité.
- Subjectivité du témoignage.
- Justification par le personnage lui-même de qu’on a raconté sur lui.
Christa Wolf[modifier]
- → Médée (Christa Wolf) (Stock, 2001) (paru en 1996)
- → Médée. Voix de Christa Wolf : présentation par Anne Lemonnier-Lemieux (Société Générale de Littérature comparée, 2021)
Cette étude examine la structure polyphonique du roman, qui s'articule autour de 6 narrateurs différents (Médée, Jason, Glaucé, etc.) donnant chacun leur version des faits. L'article explore les motifs corporels (la main agissante face à la tête pensante/politique) et la confrontation des récits personnels.
- Cet article illustre le procédé de l'éclatement de la voix narrative. Au lieu d'avoir un narrateur omniscient ou un seul point de vue, le mythe est reconstruit comme un puzzle à travers les témoignages subjectifs d'alliés et d'ennemis.
- Outil structurel évitant le récit linéaire
- → Médée : selon Euripide et Christa Wolf, deux versions par Jacqueline Rousseau-Dujardin (Presses universitaires de Vincennes, 2006)
Cet article confronte la tragédie d'Euripide à la réécriture moderne de Christa Wolf. Il décortique le glissement sémantique du personnage : comment la "criminelle absolue" d'Euripide devient, sous la plume de Wolf, une victime politique et le bouc émissaire d'une cité corrompue (Corinthe).
- Le levier de la Dé-diabolisation) :
- Jacqueline Rousseau-Dujardin montre comment la réécriture peut servir à renverser le verdict de l'Histoire. Wolf prive Médée de son crime emblématique (l'infanticide) pour révéler que ce sont les Corinthiens qui ont lynché ses enfants.
- Modification d’un événement pivot d'un mythe transformant la portée morale de tout le récit.
| Thématique | Médée dans le mythe d'origine (Euripide / Sénèque) | Médée dans la BD de B. Le Callet & N. Peña (2014) | Médée dans le roman de Christa Wolf (1996) |
|---|---|---|---|
| Statut, rôle et point de vue | Antagoniste tragique et infanticide. Elle est la magicienne barbare, démesurée et vengeresse. Le récit est extérieur et se focalise sur l'horreur de ses actes. | Héroïne et narratrice subjective. Médée, âgée, livre sa confession depuis son exil. Elle donne sa propre version des faits pour nuancer sa réputation de monstre. | Figure de bouc émissaire politique. Le récit est éclaté en 6 voix (polyphonie). Médée est une étrangère lucide, victime de la corruption et de la propagande de la cité de Corinthe. |
| La sorcellerie et le savoir | Pouvoir divin, occulte et destructeur. Descendante du Soleil (Hélios), sa magie est innée, terrifiante et liée aux forces sombres (poisons mortels, invocation d'Hécate). | Science rationnelle et observation. Sa "magie" est en réalité une expertise en botanique, en médecine et en remèdes. Elle est crainte car elle est une femme instruite. | Savoir archaïque et guérisseur. Elle possède une sagesse primitive liée à la terre et à la vie. Sa science guérit et dérange l'ordre patriarcal et technocratique corinthien. |
| Le crime et l'infanticide | Acte conscient de vengeance absolue. Elle égorge délibérément ses propres enfants pour punir la trahison de Jason, signant son statut de criminelle mythique. | Piège tragique et inéluctable. L'infanticide a bien lieu, mais il est le résultat d'un engrenage politique et psychologique où elle est acculée par la trahison des hommes. | Innocence totale et réhabilitation. Elle n'a pas tué ses enfants. Ce sont les Corinthiens qui les ont lynchés. Le pouvoir a inventé le mythe de l'infanticide pour la diaboliser. |
| La relation à Jason | Passion destructrice et haine féroce. D'abord soumise par l'amour (Flèche d'Éros), elle bascule dans une haine absolue après sa répudiation, cherchant sa destruction totale. | Désillusion et émancipation active. La relation explore la complexité du couple. Elle prend conscience de l'opportunisme de Jason et cherche à sauver sa dignité. | Confrontation idéologique. Jason est un homme faible, brisé par l'ambition politique, qui a choisi de s'aligner sur le pouvoir corrompu face à une Médée restée intègre. |
| La fin du mythe | Apothéose divine et impunie. Elle s'enfuit de Corinthe sur le char ailé de son grand-père Hélios, emportant les corps de ses enfants, échappant à la justice humaine. | Exil terrestre et apaisement. Pas de char divin : elle part vers un exil solitaire et humain. La fin insiste sur sa résilience et la survivance de sa mémoire. | Exil intérieur et deuil universel. Bannie, isolée et privée de tout, elle survit dans un monde hostile. Le récit s'achève sur son amertume face à la folie des hommes. |
Illustrations[modifier]
Voir aussi[modifier]
→ Twin Peaks, le retour… d’Homère ! par François Caruano (Antiquipop, 2020 - Hypothèses)
- Antigone (Jean Anouilh)
- Anouilh Jean
- Ulysse (James Joyce)
- Joyce James
- Smythe Rachel
- Lore Olympus (Rachel Smythe)
- Odyssée de notre patrimoine fictionnel (L’) (Atelier Élan des Mots)
- Atelier Élan des Mots
- Circé (Madeline Miller)
- Miller Madeline
- Odyssée de Pénélope (L’) (Margaret Atwood)
- Atwood Margaret
- Médée (Nancy Peña, dessins ; Blandine Le Callet, rédaction)
- Callet Blandine Le
- Peña Nancy
- Médée (Christa Wolf)
- Wolf Christa
- Hécate (Pierre Jean Jouve)
- Vagadu (Pierre Jean Jouve)
- Jouve Pierre Jean
- Tristan et Iseut (Michel Cazenave)
- Cazenave Michel
- Vénus et Adonis (William Shakespeare)
- Shakespeare William
- Guerre de Troie n’aura pas lieu (La) (Jean Giraudoux)
- Giraudoux Jean
- Amphitryon 38 (Jean Giraudoux)
- Vendredi ou Les limbes du Pacifique (Michel Tournier)
- Tournier Michel
- Jaeglé Marianne
- Ilium (Dan Simmons)
- Simmons Dan
- Olympos (Dan Simmons)
- Mythe de Tristan et Iseut (Le) (Michel Cazenave, Marie-Noëlle Toury)
- Toury Marie-Noëlle
- Vendredi ou Les limbes du Pacifique de Michel Tournier (Essai et dossier) (Arlette Bouloumié)
- Bouloumié Arlette
- De Robinson à vendredi. Réécritures du mythe (Alain Vergnioux)
- Vergnioux Alain
- Médée. Versions et interprétations d'un mythe (Blandine Le Callet et autres)
- Berra Aurélien
- Guérin Charles




