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* Le levier de la Dé-diabolisation) : Cet article montre comment la réécriture peut servir à renverser le verdict de l'Histoire. Wolf prive Médée de son crime emblématique (l'infanticide) pour révéler que ce sont les Corinthiens qui ont lynché ses enfants. C'est un superbe exemple pour les apprenants : comment modifier un événement pivot d'un mythe modifie instantanément la portée morale de tout le récit.
* Le levier de la Dé-diabolisation) : Cet article montre comment la réécriture peut servir à renverser le verdict de l'Histoire. Wolf prive Médée de son crime emblématique (l'infanticide) pour révéler que ce sont les Corinthiens qui ont lynché ses enfants. C'est un superbe exemple pour les apprenants : comment modifier un événement pivot d'un mythe modifie instantanément la portée morale de tout le récit.
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! style="width:20%;" | Thématique
! style="width:26%;" | Médée dans le mythe d'origine (Euripide / Sénèque)
! style="width:27%;" | Médée dans la BD de B. Le Callet & N. Peña (2014)
! style="width:27%;" | Médée dans le roman de Christa Wolf (1996)
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| '''Statut, rôle et point de vue'''
| '''Antagoniste tragique et infanticide.''' Elle est la magicienne barbare, démesurée et vengeresse. Le récit est extérieur et se focalise sur l'horreur de ses actes.
| '''Héroïne et narratrice subjective.''' Médée, âgée, livre sa confession depuis son exil. Elle donne sa propre version des faits pour nuancer sa réputation de monstre.
| '''Figure de bouc émissaire politique.''' Le récit est éclaté en 6 voix (polyphonie). Médée est une étrangère lucide, victime de la corruption et de la propagande de la cité de Corinthe.
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| '''La sorcellerie et le savoir'''
| '''Pouvoir divin, occulte et destructeur.''' Descendante du Soleil (Hélios), sa magie est innée, terrifiante et liée aux forces sombres (poisons mortels, invocation d'Hécate).
| '''Science rationnelle et observation.''' Sa "magie" est en réalité une expertise en botanique, en médecine et en remèdes. Elle est crainte car elle est une femme instruite.
| '''Savoir archaïque et guérisseur.''' Elle possède une sagesse primitive liée à la terre et à la vie. Sa science guérit et dérange l'ordre patriarcal et technocratique corinthien.
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| '''Le crime et l'infanticide'''
| '''Acte conscient de vengeance absolue.''' Elle égorge délibérément ses propres enfants pour punir la trahison de Jason, signant son statut de criminelle mythique.
| '''Piège tragique et inéluctable.''' L'infanticide a bien lieu, mais il est le résultat d'un engrenage politique et psychologique où elle est acculée par la trahison des hommes.
| '''Innocence totale et réhabilitation.''' Elle n'a pas tué ses enfants. Ce sont les Corinthiens qui les ont lynchés. Le pouvoir a inventé le mythe de l'infanticide pour la diaboliser.
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| '''La relation à Jason'''
| '''Passion destructrice et haine féroce.''' D'abord soumise par l'amour (Flèche d'Éros), elle bascule dans une haine absolue après sa répudiation, cherchant sa destruction totale.
| '''Désillusion et émancipation active.''' La relation explore la complexité du couple. Elle prend conscience de l'opportunisme de Jason et cherche à sauver sa dignité.
| '''Confrontation idéologique.''' Jason est un homme faible, brisé par l'ambition politique, qui a choisi de s'aligner sur le pouvoir corrompu face à une Médée restée intègre.
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| '''La fin du mythe'''
| '''Apothéose divine et impunie.''' Elle s'enfuit de Corinthe sur le char ailé de son grand-père Hélios, emportant les corps de ses enfants, échappant à la justice humaine.
| '''Exil terrestre et apaisement.''' Pas de char divin : elle part vers un exil solitaire et humain. La fin insiste sur sa résilience et la survivance de sa mémoire.
| '''Exil intérieur et deuil universel.''' Bannie, isolée et privée de tout, elle survit dans un monde hostile. Le récit s'achève sur son amertume face à la folie des hommes.
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Version du 2 septembre 2026 à 16:37

Quelques exemples de mythes réécrits

Type de réécriture Œuvre et auteur Ce qui change / Le déplacement
Modernisnation et anachronisme Antigone (Jean Anouilh) (La Table Ronde, 2016) (paru en 1944)

Analyse

Le mythe grec devient une tragédie politique moderne sous l'Occupation. Les personnages utilisent un langage quotidien et des objets contemporains.
Ulysse (James Joyce) (Belles Lettres, 2026) (paru en 1922)

Analyse

L'épopée d'Homère est transposée sur une seule journée ordinaire à Dublin. Le voyage héroïque devient une errance mentale et urbaine moderne.
Lore Olympus (Rachel Smythe) (BD Hugo, T.1, 2022 - T.11, 2026) - → page WikiFiction dédiée

Analyse

Le royaume des morts devient une métropole moderne et le mythe de Perséphone est réécrit sous l'angle d'une romance contemporaine et des réseaux sociaux.
L’odyssée de notre patrimoine fictionnel (Atelier Élan des Mots) (AéM, 2025)

Analyse

Réécriture collective intégrant des fictions ayant marqué les membres participants (notre patrimoine fictionnel) dans le canevas homérique, transformant le mythe en œuvre communautaire intertextuelle.
Changement de point de vue (Focalisation) Circé (Madeline Miller) (Pocket, 2019)

Analyse

La magicienne, simple obstacle secondaire chez Homère, devient l'héroïne centrale. Le mythe est raconté à la première personne de son point de vue.
L’Odyssée de Pénélope (Margaret Atwood) (Robert Laffont, 2026) (paru en 2022)

Analyse

L'Odyssée racontée depuis les Enfers par Pénélope et le chœur de ses douze servantes pendues, offrant une relecture féministe et critique d'Ulysse.
Médée (Nancy Peña, dessins ; Blandine Le Callet, rédaction) (Casterman, 2021)

Analyse

Comment devient-on le monstre de l'histoire ? Blandine Le Callet démonte le piège patriarcal et politique qui s'est refermé sur Médée, faisant d'elle la coupable idéale pour blanchir les trahisons de Jason. Tout en restant fidèle à la noirceur finale du mythe, elle lui redonne une profonde dignité humaine.
Médée (Christa Wolf) (Stock, 2001) (paru en 1996)

Analyse

Médée n'est plus la magicienne infanticide de la tradition, mais une femme libre, bouc émissaire d'une société corrompue qui l'accuse à tort.
Désacralisation et ironie La guerre de Troie n'aura pas lieu (Jean Giraudoux, 1935) Les héros de l'Iliade sont transformés en politiciens cyniques et bourgeois querelleurs. Le ton est ironique et le tragique se mêle au vaudeville.
Amphitryon 38 (Jean Giraudoux, 1929) Le mythe de la séduction d'Alcmène par Zeus est traité comme une comédie de mœurs légère et moderne sur la fidélité conjugale.
Continuité et création locale Vendredi ou les Limbes du Pacifique (Michel Tournier, 1967) (Mythe littéraire) Inversion du rapport de force : Robinson ne civilise plus Vendredi, c'est Vendredi qui initie Robinson à une autre manière de vivre.
Transposition de genre (Sci-Fi / Fantasy) Oia (Dan Simmons, 1981 - Ilium/Olympos) L'Iliade réécrite dans un futur de science-fiction où les dieux de l'Olympe sont des post-humains utilisant la physique quantique pour rejouer la guerre.


Pour une analyse des œuvres citées ci-dessus

Antigone (Jean Anouilh)

Ulysse (James Joyce)

  • Consulter le travail de recherche disponible sur "Réécriture et histoire dans Ulysse de Joyce" sur Scholars Portal. Cette étude analyse précisément comment Joyce utilise le canevas d'Homère non pas pour copier le passé, mais pour faire entrer en collision les mythes anciens avec l'histoire et les traumatismes du XXe siècle. Un excellent support pour montrer aux participants comment ancrer un mythe antique dans des problématiques contemporaines.

Lore Olympus (Rachel Smythe)

L’odyssée de notre patrimoine fictionnel (Atelier Élan des Mots)

L’Odyssée de Pénélope (Margaret Atwood)

Le pouvoir de renverser un mythe. La Pénélope de Rosaria Lo Russo par Yannick Gouchan (Revue du CAER, 2021)

L’article présente

Penelope, une œuvre dont la forme, le contenu et la réalisation vocale se complètent pour donner lieu à un portrait étonnamment moderne de femme forte qui parvient à s’emparer d’un pouvoir qui lui était nié par le système patriarcal et conjugal. Cette prise de pouvoir au féminin s’inscrit dans la longue tradition des hypertextes inspirés de l’Odyssée, et plus précisément les chants XIX (l’entretien entre Pénélope et le mendiant) et XXIII (les retrouvailles des deux époux). L’inventio de ce poemetto de vingt-sept pages écrit par Rosaria Lo Russo provient donc entièrement du mythe d’Ulysse et de l’Odyssée, passés au crible des réécritures multiples qui se sont succédé.

Cet article se penche sur la capacité des réécritures contemporaines de L'Odyssée à subvertir et déconstruire les systèmes patriarcaux et conjugaux ancrés dans les mythes. Il s'appuie directement sur l'œuvre d'Atwood comme référence de cette émancipation par le texte.

l’ouvrage (en italien) de Rosaria Lo Russo
Le poème dit par elle-même (en italien)


Circé et Pénélope : les oubliées de l’Odyssée par Ava Ouaknine et Zoé Esclavissat Lopez (Antiquipop, 2023)
Cet article étudie comment Margaret Atwood (pour L'Odyssée de Pénélope) et Madeline Miller (pour Circé) transforment des figures mythiques passives en protagonistes de romans dits « psychologiques ».

La guerre de Troie n'aura pas lieu (Jean Giraudoux)

Le cas Circé

Circé et Pénélope : les oubliées de l’Odyssée par Ava Ouaknine et Zoé Esclavissat Lopez (Antiquipop, 2023)
Cet article étudie comment Margaret Atwood (pour L'Odyssée de Pénélope) et Madeline Miller (pour Circé) transforment des figures mythiques passives en protagonistes de romans dits « psychologiques ».


Thématique Circé dans L'Odyssée d'Homère (Chant X) Circé dans le roman de Madeline Miller (2018)
Statut et rôle Personnage secondaire et antagoniste. Elle est une magicienne redoutable, une sorcière dangereuse qui piège les hommes et sert d'étape sur le chemin d'Ulysse. Héroïne et narratrice absolue. Le lecteur suit toute son évolution (enfance parmi les Titans, exil, doutes). Ulysse n'est plus qu'un épisode parmi d'autres dans sa longue vie.
La sorcellerie Un pouvoir inné et malveillant. Ses pouvoirs magiques (métamorphose en pourceaux) sont présentés comme des maléfices divins et arbitraires. Un savoir acquis par le travail. Sa magie (pharmakeia) est un artisanat qui demande de la patience, l'étude des plantes, de la volonté et un lien avec la terre.
La relation à l'autre Rapport de domination. Elle est soumise par la force et l'épée d'Ulysse (aidé par Hermès). Elle passe rapidement du statut de menace à celui d'alliée soumise. Complexité psychologique. Ses relations (avec sa famille, Dédale, Ulysse ou Télémaque) explorent la solitude, le traumatisme, l'amour et l'émancipation féminine.
La fin du mythe Disparition du récit. Une fois qu'elle a indiqué la route des Enfers à Ulysse, elle disparaît de l'épopée sans que l'on sache ce qu'elle devient. Choix existentiel profond. Le roman lui offre une véritable conclusion où elle fait le choix conscient de sa propre destinée (renoncement à l'immortalité).

Le cas Médée

Liens

Pouvoir comprendre, pouvoir soigner, pouvoir guérir dans la série Médée de Peña et Le Callet par Julie Gallego (PUR, 2025 - OpenEdition)

Cet article étudie en détail comment l'autrice s'éloigne de la figure classique de la sorcière pour proposer une Médée savante et rationnelle. Il analyse le rapport du personnage à la médecine, aux sciences antiques et aux plantes (pour soigner ou tuer).

Blandine Le Callet
  • C’est l’exemple type du procédé de rationalisation du mythe. Il montre aux apprenants comment déshabiller un personnage de ses attributs "magiques" ou divins pour en faire un être de raison et de science, ancré dans une réalité historique palpable.
Médée. Versions et interprétations d'un mythe (Blandine Le Callet et autres) (PUFC, Cahiers du théâtre antique n°2 - Cahiers du GITA n°20, 2016)

Ouvrage collectif dirigé en partie par Blandine Le Callet elle-même. Il explore comment le personnage de Médée a été réinventé à travers les âges, et contient des interventions et des analyses sur la genèse de sa propre bande dessinée.

  • L'analyse décortique la notion de "monstruosité" et la manière dont on peut réhabiliter un personnage considéré par la tradition comme une criminelle absolue en travaillant sur l'intimité et la perspective.

Remarques IA sur la Médée de Le Callet

Le procédé de la "confession" (Narrateur non fiable)

Le choix narratif est très riche pour tes apprenants : c'est Médée elle-même, vieille et retirée sur une île, qui prend la parole pour livrer son ultime confession et raconter "sa" vérité.

  • L'outil pour ton atelier : Travailler sur le concept de la subjectivité du témoignage. Le personnage mythique n'est plus figé dans le marbre du récit officiel, il devient un être humain qui tente de s'expliquer, de justifier ses zones d'ombre ou de dénoncer la propagande de ses ennemis (les Grecs).
La rationalisation du magique

Le traitement de la "sorcellerie" par l'autrice est une excellente piste d'exercice. Au lieu d'en faire une magicienne aux pouvoirs surnaturels hollywoodiens, la BD montre une Médée savante, experte en plantes, en remèdes et en poisons. Sa "magie" n'est que de la science et de l'observation dans un monde d'hommes qui la craignent parce qu'elle est instruite et libre.

  • L'outil pour ton atelier : Apprendre aux participants à transposer le merveilleux ou le divin en psychologie ou en savoir concret (par exemple, comment transformer les pouvoirs agricoles de Cérès en une science fine de la terre ou en un contrôle économique des ressources).
L'exploration de la "Monstruation" d'une femme

L'œuvre pose une question centrale : comment devient-on le monstre de l'histoire ? [Blandine Le Callet](https://www.google.com/search?q=blandine+le+callet&kgmid=/m/0x14142) démonte le piège patriarcal et politique qui s'est refermé sur Médée, faisant d'elle la coupable idéale pour blanchir les trahisons de Jason. Tout en restant fidèle à la noirceur finale du mythe, elle lui redonne une profonde dignité humaine. Si tu cherches un pont parfait entre la rigueur historique, l'engagement féministe moderne et la narration visuelle, cette BD est un modèle du genre, bien plus profonde et stimulante que les réécritures de type Romantasy.


Liens

Médée. Voix de Christa Wolf : présentation par Anne Lemonnier-Lemieux (Société Générale de Littérature comparée, 2021)

Cette étude examine la structure polyphonique du roman, qui s'articule autour de 6 narrateurs différents (Médée, Jason, Glaucé, etc.) donnant chacun leur version des faits. L'article explore les motifs corporels (la main agissante face à la tête pensante/politique) et la confrontation des récits personnels.

  • Cet article illustre le procédé de l'éclatement de la voix narrative. Au lieu d'avoir un narrateur omniscient ou un seul point de vue, le mythe est reconstruit comme un puzzle à travers les témoignages subjectifs d'alliés et d'ennemis. C'est un outil structurel très puissant à proposer à tes participants pour éviter les récits linéaires.
Médée : selon Euripide et Christa Wolf, deux versions par Jacqueline Rousseau-Dujardin (Presses universitaires de Vincennes, 2006)

Cet article confronte la tragédie d'Euripide à la réécriture moderne de Christa Wolf. Il décortique le glissement sémantique du personnage : comment la "criminelle absolue" d'Euripide devient, sous la plume de Wolf, une victime politique et le bouc émissaire d'une cité corrompue (Corinthe).

  • Le levier de la Dé-diabolisation) : Cet article montre comment la réécriture peut servir à renverser le verdict de l'Histoire. Wolf prive Médée de son crime emblématique (l'infanticide) pour révéler que ce sont les Corinthiens qui ont lynché ses enfants. C'est un superbe exemple pour les apprenants : comment modifier un événement pivot d'un mythe modifie instantanément la portée morale de tout le récit.
Thématique Médée dans le mythe d'origine (Euripide / Sénèque) Médée dans la BD de B. Le Callet & N. Peña (2014) Médée dans le roman de Christa Wolf (1996)
Statut, rôle et point de vue Antagoniste tragique et infanticide. Elle est la magicienne barbare, démesurée et vengeresse. Le récit est extérieur et se focalise sur l'horreur de ses actes. Héroïne et narratrice subjective. Médée, âgée, livre sa confession depuis son exil. Elle donne sa propre version des faits pour nuancer sa réputation de monstre. Figure de bouc émissaire politique. Le récit est éclaté en 6 voix (polyphonie). Médée est une étrangère lucide, victime de la corruption et de la propagande de la cité de Corinthe.
La sorcellerie et le savoir Pouvoir divin, occulte et destructeur. Descendante du Soleil (Hélios), sa magie est innée, terrifiante et liée aux forces sombres (poisons mortels, invocation d'Hécate). Science rationnelle et observation. Sa "magie" est en réalité une expertise en botanique, en médecine et en remèdes. Elle est crainte car elle est une femme instruite. Savoir archaïque et guérisseur. Elle possède une sagesse primitive liée à la terre et à la vie. Sa science guérit et dérange l'ordre patriarcal et technocratique corinthien.
Le crime et l'infanticide Acte conscient de vengeance absolue. Elle égorge délibérément ses propres enfants pour punir la trahison de Jason, signant son statut de criminelle mythique. Piège tragique et inéluctable. L'infanticide a bien lieu, mais il est le résultat d'un engrenage politique et psychologique où elle est acculée par la trahison des hommes. Innocence totale et réhabilitation. Elle n'a pas tué ses enfants. Ce sont les Corinthiens qui les ont lynchés. Le pouvoir a inventé le mythe de l'infanticide pour la diaboliser.
La relation à Jason Passion destructrice et haine féroce. D'abord soumise par l'amour (Flèche d'Éros), elle bascule dans une haine absolue après sa répudiation, cherchant sa destruction totale. Désillusion et émancipation active. La relation explore la complexité du couple. Elle prend conscience de l'opportunisme de Jason et cherche à sauver sa dignité. Confrontation idéologique. Jason est un homme faible, brisé par l'ambition politique, qui a choisi de s'aligner sur le pouvoir corrompu face à une Médée restée intègre.
La fin du mythe Apothéose divine et impunie. Elle s'enfuit de Corinthe sur le char ailé de son grand-père Hélios, emportant les corps de ses enfants, échappant à la justice humaine. Exil terrestre et apaisement. Pas de char divin : elle part vers un exil solitaire et humain. La fin insiste sur sa résilience et la survivance de sa mémoire. Exil intérieur et deuil universel. Bannie, isolée et privée de tout, elle survit dans un monde hostile. Le récit s'achève sur son amertume face à la folie des hommes.