Doc:Saturne (symbolique)

Récits[modifier]
→ Théogonie (Hésiode) sur Wikisouce
- à partir de (23): Cronos, à la demande de sa mère. castre Uranus.
- à partir de (34) : Cronos avale ses enfants.
→ Les travaux et les jours (Hésiode) sur Wikisource
- à partir de (8) : âge d’or sous le règne de Saturne.
À partir de 13' : Castration d’Uranus
À partir de 37' 40 : Cronos mange ses enfants
Saturne : une histoire de famille[modifier]
Liens de parenté de Saturne (Cronos)[modifier]
- Fils de Tellus (ou Terra Mater, Gaïa, personnification de la Terre) et d’Uranus (Ouranos, personnification du Ciel) qu’il castre afin de sauver sa mère et sa fratrie, les Titans et les Titanides, d’un père engagé dans une copulation permanente tout en rejetant ses enfants dans le ventre de son épouse et créatrice. Il devient roi des Titans par cet acte séparateur du ciel et de la terre équivalant à la naissance du monde. [Uranus en pérégrinité dans son signe].
- Les Titanides sont : Thémis (Justice) ; Phébé (Prophétie) ; Mnémosine (Mémoire, mère des muses) ; Théthys (fécondité marine, mère avec Océanos des 3000 dieux des fleuves et 3000 Océanides) ; Théia (Vue, mère avec Hypérion de Hélios le soleil, Séléné la lune, Éos l’aurore) ; Rhéa (Reine des Titans).
- Les Titans sont : Céos (voûte céleste) ; Crios ; Océanos (Océan) ; Japet (mortalité) ; Hypérion (Soleil).
- Époux et frère d’Ops (ou Opis, Rhéa, déesse de l’abondance et de la fertilité, assimilée à Cybèle). Reine des Titans, elle est la mère des Cronides cités ci-après.
- Frère de Vénus[1] (Aphrodite, déesse de l’amour et de la procréation). [Vénus en pérégrinité dans son signe]
- Père des Cronides qu’il mangera jusqu’à ce que son fils Jupiter les lui fasse régurgiter.
- Jupiter (Zeus, roi des dieux de l’Olympe) exilera son père [Jupiter en chute dans son signe].
- Junon (Héra, reine des dieux, déesse du mariage, de la fécondité, de la fidélité) apparaît comme l’épouse légitime et jalouse de son frère Jupiter.
- Cérès (Déméter, déesse de l’agriculture), déesse d’Arcadie avec sa fille Proserpine) qu’elle aime au point de tout abandonner pour la retrouver quand elle est enlevée par Pluton [Cérès en joie dans son signe].
- Pluton (Hadès, dieu des enfers) enlèvera sa nièce Proserpine avant d’en faire la reine respectée des enfers [Pluton en pérégrinité dans son signe].
- Neptune (Poséidon, dieu des océans et des fleuves) [Neptune en pérégrinité dans son signe].
- Oncle du soleil et de la lune, enfants d’Hypérion et de sa sœur Théia.
- Luna (Séléné assimilée à Artémis / Diane) [Lune en exil dans son signe].
- Sol (Hélios, soleil, assimilé à Apollon / Phébus) [Soleil en pérégrinité dans son signe].
- Les Heures et les Saisons apparaissent, dans certaines versions, comme les enfants issues de l’union d’Hélios et de Séléné.
- Grand-père des enfants de son fils Jupiter (Zeus).
- Mars (Arès, dieu de la guerre), fils de Junon (Héra) [Mars en exaltation dans son signe].
- Proserpine (Coré avant de devenir Perséphone, déesse du printemps, reine des enfers), déesse d’Arcadie avec sa mère Cérès (Déméter) [Proserpine en pérégrinité dans son signe].
- Jupiter, déguisé en serpent, eut une relation charnelle avec sa fille de laquelle naquit Zagreus déchiqueté par les titans puis renaissant sous le nom de Dionysos.
- Mercure (Hermès, dieu du commerce et des voleurs, messager des dieux), fils de Maïa, fille d’Atlas (fils du Titan Japet et d’une nièce de celui-ci, fille d’Océan) et de Pléioné (fille d’Océan et de Tethys). [Mercure en joie dans son signe].
Saturne, le temps ?[modifier]
L’assimilation erronée de Saturne à Chronos — paronyme de Cronos — a créé une confusion bien ancrée l’assimilant au temps et aux saisons (idée que les Saturnales renforcent puisque le solstice d’hiver peut être vu comme le temps zéro).
@naomihuart Cronos ou Chronos ? Dans la mythologie grecque, Cronos est le titan père des Olympiens. Chronos est le dieu qui personnifie le temps. À un H près, c'est pas la même tisane #mythologie #mythologiegrecque #apprendresurtitkok ♬ son original - Naomi Huart 🏺💀
Si l’on en croit Macrobe, philosophe latin du Ve siècle, « Κρόνος (Saturne), et χρόνος (le temps), ne sont qu'un même dieu » : Saturnales, chap. VIII dont voici l’extrait ci-dessous.
Lorsque tout était chaos, le temps n'existait point encore. Car le temps est une mesure, prise des révolutions du ciel; donc le temps est né du ciel; donc c'est du ciel qu'est né Κρόνος (Saturne), qui, ainsi que nous l'avons dit, est le même que χρόνος (le temps) : et comme les divers principes de tout ce qui a dû être formé après le ciel découlaient du ciel lui-même, et que les divers éléments qui composent l'universalité du monde découlaient de ces principes, sitôt que le monde fut parfaitement terminé dans l'ensemble de ses parties et dans chacun de ses membres, le moment arriva où les principes générateurs des éléments durent cesser de découler du ciel, car la création de ces éléments était désormais accomplie. Depuis lors, pour perpétuer sans cesse la propagation des animaux, la faculté d'engendrer par le fluide fut transportée à l'action vénérienne; en sorte que, de ce moment, tous les êtres vivants furent produits par le coït du mâle avec la femelle. À raison de la fable de l'amputation des parties naturelles, nos physiciens donnèrent au dieu le nom de Saturnus, pour Sathimus, dérivant de σάθη, qui signifie le membre viril. On croit que de là aussi vient le nom des Satyres, pour Sathimni, à cause que les Satyres sont enclins à la lubricité. Quelques-uns pensent que l'on donne une faux à Saturne, parce que le temps coupe, tranche et moissonne tout. On dit que Saturne est dans l'usage de dévorer ses enfants, et de les vomir ensuite. C'est encore afin de désigner qu'il est le temps, par lequel toutes choses sont tour à tour produites et anéanties, pour renaître ensuite de nouveau. Lorsqu'on dit que Saturne a été chassé par son fils, qu'est-ce que cela signifie, sinon que les temps qui viennent de s'écouler sont refoulés par ceux qui leur succèdent ? On dit qu'il est lié, parce que les diverses portions du temps sont unies ensemble par les lois régulières de la nature; ou bien parce que la substance des fruits est formée de nœuds et de fibres enlacés.
Saturne, soleil noir[modifier]
Dans son étude sur Paracelse[2], p. 196, Jung oppose Saturne au Soleil :
Saturne est symbole du froid, de l’obscur, du lourd, et de l’impur, le Soleil est précisément le contraire. Cette séparation [du Soleil et de Saturne] une fois accompli et le corps purifié par la mélisse[3] et libéré de la mélancolie saturnienne, peut se produire la coniunctio avec l’homme intérieur (astral) doué de longue vie, duquel résulte ensuite l’ Enochdianus, l’homme doué de vie éternelle.
Saturne et la mélancolie[modifier]
On associera souvent Saturne, au soleil noir, c’est-à-dire à la mélancolie.
Raymond Klibansky, Erwin Panofsky et Fritz Saxl développeront ce thème dans un livre de 744 pages :
- → Saturne et la mélancolie (présentation sur le site de Gallimard)
- Le livre est malheureusement épuisé mais la Revue Germanique Internationale, via le site Open Édition, nous propose un article en ligne sur le sujet :
- → La Mélancolie et Saturne : un projet collectif au long cours de la bibliothèque Warburg
Voir aussi → Garcilaso et la mélancolie (accès libre sur Open édition), Garcilaso étant considéré comme un « professeur de mélancolie ».
- → Mélancolies de l’antiquité au XXe siècle (Yves Hersant) (Bouquins, 2005)
Citons quelques visions de certains auteurs de cette anthologie de près de mille pages.
- (le numéro de page renvoie à ce livre et non à l’ouvrage cité dont il est extrait)
L’âge d’or de Saturne a-t-il existé, et sommes-nous dégénérés de ces bienheureux que nous ne pouvons jamais oublier, et dont l’enfant déplore la perte en pleurant à son arrivée au monde où il se trouve dépaysé ?
- p.444 — August Strindberg (1849-1912) → Inferno (August Strindberg) (Gallimard, 2001) (paru en 1898)
Toujours est-il que, dès le Moyen Âge, l’ermite apparaît presque couramment dans les allégories qui représentent le « tempérament mélancolique » ou, ce qui revient au même, les enfants de Saturne. D’une part, le tempérament mélancolique prédispose à la contemplation et aux activités intellectuelles : c’est donc un privilège, et non pas un mal ; d’autre part, le danger se lie intimement aux influences favorables, et le contemplatif est exposé aux effets de l’acédia : la plupart des artistes médiévaux font figurer les symboles de l’acédia dans le sombre domaine de l’atrabile, en dépit des distinctions théologiques entre péché et maladie corporelle[4]
- p.554 — Jean Starobinski (1920-2019) → Histoire du traitement de la mélancolie (Introduction en ligne)
- voir aussi → L’encre de la mélancolie (Jean Starobinski) (Seuil, 2012) (→ en poche Points, 2015).
Le Saturne des astronomes-astrologues se voit doté des caractéristiques du Saturne des mythographes (qui, de son côté, a assimilé aussi bien le Cronos grec, fils d’Ouranos détrôné et castré par Zeus, que le dieu du temps Chronos) ; et cette planète chargée de pouvoirs imaginaires et terrifiants [...], règne sur les plus étranges des humains. D’une manière générale les enfants de Saturne passent au Moyen Âge pour les moins bien lotis, tant ils sont physiquement et moralement délabrés. Demeurent cependant, tant apparaît essentielle l’ambivalence de la mélancolie, quelques traits positifs : don de prophétie, noblesse intellectuelle, aptitude à la géométrie et à la réflexion philosophique.
- p.570 — commentaire de l’auteur.
La renaissance, âge d’or de la mélancolie
Sous l’influence de Marsile Ficin et des platoniciens de Florence, la mélancolie-tempérament apparaît comme l’apanage presque exclusif du poète, de l’artiste, du grand prince, et surtout du vrai philosophe. Mélancolique lui-même, et né, de plus, sous le signe de Saturne, Ficin a édicté, dans son De vita, tout un art de vivre destiné à l’intellectuel. Il enseigne à tirer parti de l’influence favorable de la mélancolie, et à conjurer les dangers qui ne cessent de l’accompagner.
- p.571 — Citation de Jean Starobinski (voir plus haut) en introduction au chapitre abordant la pensée de Marsile Ficin (1433-1499).
1. Vois, sous un arbre, le vieux Démocrite
Est assis, un livre sur les genoux,
Il est entouré de nombreux cadavres
De chats, de chiens et d’autres créatures,
Il en fait l’anatomie pour savoir
Où se trouve le siège de la bile noire.
Au-dessus de sa tête on voit le ciel
Et Saturne, Seigneur de la mélancolie.
- p.633 — Robert Burton (1577-1640) → Anatomie de la mélancolie (Robert Burton) (Folio, 2005) (paru en 1621)
Si Saturne prédomine dans un thème astral et qu’il est la cause d’un tempérament mélancolique, la personne en question sera alors d’une grande austérité, morose, grossière, aura un teint sombre, se plongera dans de profondes méditations, sera excessivement soucieuse, misérable et mécontente, triste et craintive, toujours silencieuse, solitaire, prendra plaisir à l’agriculture, se plaira dans les forêts, les vergers, les jardins, près des rivières, des étangs, des mares, dans les sentiers ténébreux, dans les cloîtres, ses préoccupations l’amèneront à construire, à planter des arbres, à travailler dans les champs, etc. Ces gens-là aimeront attraper des oiseaux, des poissons, etc. sans jamais cesser de réfléchir et de rêvasser sur ces occupations.
- p.663-664 — Robert Burton (voir ci-dessus)
Les principes du traité de la mélancolie ont été reconnus bien longtemps avant l’origine de la médecine grecque, et il paraît même que cette maladie remonte jusqu’aux siècles éclairés de l’ancienne Égypte. Aux deux extrémités de cette contrée, qui était alors très peuplée et très florissante, il y avait des temples dédiés à Saturne, où les mélancoliques se rendaient en foule, et où les prêtres, profitant de leur crédulité constante, secondaient leur guérison prétendue miraculeuse par tous les moyens naturels que l’hygiène peut suggérer : jeux, exercices récréatifs de toute espèce, institués dans ces temples ; peintures voluptueuses, images séduisantes, exposées de toutes parts aux yeux des malades ; les chants les plus agréables, les sons le plus mélodieux charmaient souvent leurs oreilles ; ils se promenaient dans des jardins fleuris, dans des bosquets ornés avec un art recherché : tantôt on leur faisait respirer un air frais et salubres sur le Nil, dans des bateaux décorés et au milieu de concerts champêtres ; tantôt on les conduisait dans des îles riantes, où, sous le symbole de quelque divinité protectrice, on leur procurait des spectacles nouveaux et ingénieusement ménagés, et des sociétés agréables et choisies ; tous les moments enfin étaient consacrés à quelque scène comique, à des danses grotesques, à un système d’amusements diversifiés et soutenus par des idées religieuses.
- p.697 — Philippe Pinel (1745-1826) in Encyclopédie méthodique (médecine), par une Société de médecins, 1816. Philippe Pinel est considéré comme le précurseur de la psychiatrie. Il distingue la simple mélancolie de la manie au-delà de laquelle on trouve la démence et l’idiotisme.
- → Comprendre et soigner : Philippe Pinel (1745-1826) La médecine de l’esprit (Dora B. Weiner) (Fayard, 1999)
Platon prétend que sous le règne de Saturne les sexes ne s’unissaient pas pour procréer des enfants, et que cependant par les soins de ce dieu les hommes ne laissaient pas de se perpétuer.
- p.811 — Nicolas-Antoine Boulanger (1722-1759) → L’Antiquité dévoilée par ses usages (Nicolas Antoine Boulanger) (Presses universitaires de Franche-Comté, 1978) (paru en 1766)
Ce dernier extrait nous conduit à la section suivante : Saturne et l’âge d’or
Aujourd’hui le DSM-5(Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) répertorie la mélancolie seulement comme une forme de dépression. → Traduction française du DSM-5, PDF en libre accès. Depuis cette version, est paru le DSM-5TR (texte révisé en novembre 2023).
Saturne et l’Âge d’or[modifier]
À l’opposé de la mélancolie, Saturne se retrouve à la tête des Bienheureux
@naomihuart Quand Zeus pardonne à Cronos... Dans la mythologie grecque, Cronos est enfermé au Tartare par Zeus lorsqu'il lui prend le trône. Dans certaines versions, Zeus finit par lui pardonner et le met à la tête de l'île des Bienheureux, là où vont les héros valeureux à leur mort, pour le plus grand plaisir de Hadès qui se retrouve à devoir gérer son père. #mythologiegrecque #hades #zeus #jeuxdacteur #apprendresurtiktok ♬ son original - Naomi Huart 🏺💀
Marie-Josette Bénéjam-Bontems[5] — se référant à Evéhémère, mythographe du IIIe siècle av. J.C., et aux poètes du Ier siècle av. J.C. : Horace, Tibulle, Virgile — voit Saturne
sous les traits d’un dieu vaincu, exilé du ciel sur la terre, trouvant refuge en Italie où il fait régner l’âge d’or.
C’est également Marie-Josette Bénéjam-Bontems qui traite Cronos dans le même dictionnaire[6]. Sans surprise, elle évoque d’abord Hésiode, poète du VIIe siècle av. J.C, qui en fait « le premier roi des dieux »
au double visage : redoutable dans la Théogonie [...] rassurant dans Les Travaux et les Jours où il veille du ciel sur la “race d’or”
Ensuite, elle retient de la tradition orphico-pythagoricienne les îles Fortunées dont Cronos, pardonné par Zeus, aurait été le souverain. Enfin, Platon s’empare de ce mythe de Cronos.
Jean-François Mattéi développe ce mythe de l’âge d’or de Kronos au chap. II (p.56-80) d’un ouvrage consacré au mythe platonicien[7]
On pourrait par ailleurs le rapprocher d’autres mythes platoniciens, tels que le mythe d’Er[8] ou celui de l’Atlantide :
Déjà au VIIIe siècle av. J.C., Hésiode décrit cet âge d’or :
Sous l’empire de Kronos qui commandait dans l’Ouranos, ils vivaient comme des Dieux, doués d’un esprit tranquille. Ils ne connaissaient ni le travail, ni la douleur, ni la cruelle vieillesse ; ils gardaient toujours la vigueur de leurs pieds et de leurs mains, et ils se charmaient par les festins, loin de tous les maux, et ils mouraient comme on s’endort. Ils possédaient tous les biens ; la terre fertile produisait d’elle-même et en abondance ; et, dans une tranquillité profonde, ils partageaient ces richesses avec la foule des autres hommes irréprochables.[9]
Îles Fortunées ou Îles des Bienheureux[modifier]
De nombreuses sources voit cet âge d’or se vivre sur des Îles Fortunées, parfois nommées Îles des Bienheureux, situées aux confins du monde connu.
Pindare situe ces îles en Sicile[10]
Jacques d'Édesse parle simplement d’une île au milieu de l’Océan :
- → Le voyage du moine Zozime sur l'île des bienheureux Récabites ou Description d'une société idéale par un moine du VIIe siècle (libre accès sur archives.org).
Un étude de Christiane Muratelle les verrait bien aux Canaries[11]
Ces Bienheureux sont souvent les disparus, la mort étant vue comme un exil en un lieu plus ou moins paradisiaque. Ainsi, on peut rapprocher ces îles des Champs Élysées, lieux situés au Enfers réservés à ceux qui ont vécu dans la vertu.
Pour aller plus loin[modifier]
Patricide[modifier]
Saturne (Cronos) ne tue pas à proprement parler son père Uranus (Ouranos) et lui-même n’est pas assassiné par Jupiter (Zeus) puisque ce sont des Immortels mais l’acte de castration du père s’apparente tout autant à un meurtre que l’exil imposé par le fils.
Mort[modifier]
La représentation de Saturne sa faux en main (celle qui a castré Uranus) s’apparente à celle de la mort. L’Île des Bienheureux apparaît bel et bien comme l’île des morts. Tout est mort au cœur de l’hiver. Le père du dieu des enfers Pluton, grand-père de son épouse, la reine des enfers Proserpine, entretient un lien étroit avec la mort.
Les Saturnales[modifier]
Voir aussi : → Saturnales (Macrobe) (site Remacle)
- ↑ On retient ici la version suivant laquelle Vénus serait née de l’écume de la mer à laquelle se serait mêlé le sperme d’Uranus écoulé lors de sa castration. De ce fait, elle doit un peu son existence à l’auteur de cette castration, Saturne.
- ↑ → Synchronicité et Paracelsica (C. G. Jung) (Albin Michel, 1988) (paru en 1942)
- ↑ Paracelse est à la fois médecin et alchimiste. Il a recours aux plantes médicinales dans ce qui peut paraître deux usages bien distincts à la rationalité de l’homme moderne : guérison physiologique et connaissance de soi (sous des apparences de quête de l’immortalité, il s’agit plutôt d’un travail comparable à l’individuation jungienne ou encore au nirvana bouddhique).
- ↑ L'acédie est un manque de soin pour soi-même ou pour sa vie intérieure. Ce terme rare ou savant calqué du grec est employé dans le domaine moral, religieux et psychologique. La notion fut ensuite christianisée par les pères du désert pour désigner un manque de soin pour sa vie spirituelle. La conséquence de cette négligence est un mal de l’âme qui s’exprime par l’ennui, ainsi que le dégoût pour la prière, la pénitence et la lecture spirituelle. Quand l'acédie devient un état de l’âme qui entraîne une torpeur spirituelle et un repli sur soi, elle est une maladie spirituelle. Le pape Grégoire le Grand intègre l’acédie dans la tristesse, dont elle procède. L'acédie est donc à cette époque un simple vice. (Wikipédia). On comprend la différence que Starobinski souligne sachant que l’atrabile est une humeur noire sécrétée par les glandes surrénales, cause de la mélancolie maladive. (CNRTL).
- ↑ Pierre Brunel : Dictionnaire des mythes littéraires (Éd. du Rocher, 1994), entrée Saturne, p. 1263-1266
- ↑ ibid, entrée Cronos, p. 384-386
- ↑ → Platon et le miroir du mythe (Jean-François Mattéi)] (PUF, 2022)
- ↑ À propos du mythe d’Er, voir aussi → Doc:Enfer
- ↑ Les Travaux et les Jours, Livre I, §61. Trad. Leconte de Lisle sur Wikisource
- ↑ → Les Petits poèmes grecs/Pindare/Olympiques/II (Wikisource)
- ↑ Les Îles fortunées : verger baroque et jardin exotique in revue Eidôlon n°74 (PUF, 2006) librement accessible sur Open Édition.
- Mélancolies (Yves Hersant)
- Hersant Yves
- Inferno (August Strindberg)
- Strindberg August
- Encre de la mélancolie (L’) (Jean Starobinski)
- Starobinski Jean
- Anatomie de la mélancolie (Robert Burton)
- Burton Robert
- Comprendre et soigner : Philippe Pinel (1745-1826) La médecine de l’esprit (Dora B. Weiner)
- Weiner Dora B.
- Pinel Philippe
- Antiquité (L’) dévoilée par ses usages (Nicolas Antoine Boulanger)
- Boulanger Nicolas Antoine
- Jung Carl Gustav
- Synchronicité et Paracelsica (C. G. Jung)
- Brunel Pierre
- Dictionnaire des mythes littéraires
- Mattéi Jean-François
- Platon et le miroir du mythe (Mattéi J-F)


