Doc:Voyages de Milord Céton dans les sept planètes (Marie-Anne Roumier-Robert)
sous-dossier de Utopie
Premier ciel : La Lune[modifier]
- Folie, déesse la plus vénérée des Lunaires
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Personnages[modifier]
Damon (Le Petit-Maître Lunaire)[modifier]
- Caractéristiques
Vaniteux, inconstant, obsédé par la nouveauté et le ton de la bonne compagnie. Il méprise ce qui est "gothique" (ancien) ou utile.
- Ce que l'autrice exprime
Il est l'archétype du courtisan oisif de l'Ancien Régime. Marie-Anne Robert l'utilise pour critiquer la superficialité d'une noblesse qui préfère l'apparence à l'intelligence et qui sacrifie son patrimoine à la mode.
Second ciel : Mercure[modifier]
- Argent, Dieu des Mercuriens (dits Cilléniens)
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Abrégé[modifier]
Dans ce monde de l'apparence, de la parole dorée et du commerce, les habitants dissimulent, séduisent manipulent, magouillent, escroquent, corrompent, intriguent. Céton y observe une société où les valeurs marchandes éclipsent toutes les autres valeurs humaines, au point que les démons de l’enfer viennent en ce monde apprendre les plus noires friponneries et les plus abjectes ruses.
Le revers de la médaille est qu’on trouve dans ce monde une insupportable misère.
Caractéristiques générales des Cilléniens[modifier]
Avarice, insécurité, avidité obsessionnelle,
Le Grand-Prêtre de la Fortune[modifier]
Un homme « poussif » et impoli, qui se croit tout permis en raison de sa richesse.
- L’intention de l’autrice : Ce personnage illustre la tyrannie de la richesse. L'autrice montre comment l'opulence déshumanise l'individu, lui faisant perdre tout sens de la bienséance et du respect d'autrui.
Tacius (Le Modèle de Vertu)[modifier]
Un jeune homme vertueux, pâle et abattu. Il représente le mérite opprimé par l'intrigue et la fortune.
- L’intention de l’autrice : Tacius sert de contrepoint aux vices ambiants. À travers son sauvetage par Monime, l'autrice souligne que la véritable noblesse réside dans le cœur et non dans les coffres. C'est une leçon politique pour Monime : un souverain doit savoir discerner le mérite caché sous l'infortune.
Astarophe et Pluton (La Satire Diabolique)[modifier]
Des puissances infernales qui s'avouent vaincues par l'ingéniosité malfaisante des hommes de Mercure.
- L’intention de l’autrice : C'est le point de bascule vers le conte philosophique à la Voltaire. En prétendant que les démons viennent prendre des cours chez les financiers et les courtisans, Marie-Anne Robert suggère que la corruption sociale est pire que la damnation éternelle.
Troisième ciel : Vénus[modifier]
- Éros, âme du monde vénérien (dit idalien)
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Abrégé[modifier]
Que cache l’univers splendide, entièrement dédié à la beauté, à la séduction et au plaisir dans lequel nos voyageurs arrivent, Monime métamorphosée en princesse Taymuras, éblouissante Nymphe, Céton en petite mouche ? Un culte de l’apparence où l’amour s’est institutionnalisé, où les Vénériens doivent avant tout, partout et tout le temps, séduire, où la débauche est la base de l’éducation.
Matriarcale, cette société refuse que les femmes se retiennent de leurs pulsions érotiques.
Caractéristiques générales des Idaliens[modifier]
- Réification de l'autre (le corps-marchandise) :
- Contrairement à Mercure où l'on troquait des mots ou de l'argent, ici, c'est le corps qui est la monnaie d'échange. L'autre n'est plus un interlocuteur, c'est un objet de désir évalué, classé, mis en vitrine.
- La galanterie comme système de contrôle :
- Sur Vénus, la politesse amoureuse et les codes de la séduction ne sont pas des marques de respect, mais des armes de capture. C'est une violence douce. Le Vénérien séduit pour dominer, pour posséder, ou pour se protéger de l'ennui.
- La tyrannie du temps et la fragilité identitaire :
- Contrairement au savoir (qui s'accumule) ou à l'argent (qui se thésaurise), la beauté physique est une monnaie qui se déprécie inexorablement. La psyché vénérienne est donc hantée par l'angoisse du vieillissement, ce qui la rend paranoïaque, jalouse et cruelle envers celles et ceux qui symbolisent la jeunesse montante.
- Intention de l’autrice
- Dénonciation de la galanterie française :
- Au XVIIIe siècle, la galanterie est présentée comme le sommet de l'élégance et du raffinement français. Robert démontre que c'est en réalité un système d'exploitation déguisé. Elle montre à sa lectrice que la cour qui la flatte est aussi celle qui la regarde comme un trophée.
- Séparer le pouvoir du désir :
- La véritable reine doit inspirer le respect, pas le désir.
- Critique du mariage d'intérêt :
- En montrant l'amour comme un marché, elle déconstruit l'institution du mariage tel qu'il est pratiqué dans les hautes sphères, où la femme est un bien que l'on transfère.
Monime (L'apprentissage par l'épreuve)[modifier]
Transformée en nymphe séductrice, elle perd momentanément son recul critique pour plonger dans le tourbillon de la coquetterie.
- Ce que l'autrice exprime : Monime vit ici une véritable épreuve charnelle et psychologique. Pour devenir une souveraine accomplie, elle ne doit pas seulement observer le vice (comme sur la Lune ou Mercure), elle doit éprouver la fragilité humaine face à la passion et à l'attrait du pouvoir par la séduction. Cette étape lui enseigne les dangers de la vanité et l'importance de fonder l'amour sur l'estime mutuelle et la raison.
Milord Céton (La déconstruction du regard masculin)[modifier]
En le métamorphosant en mouche, Zachiel le rend littéralement impuissant, le ravalant au rang de voyeur jaloux et tourmenté.
- Ce que l'autrice exprime : L'autrice opère ici un retournement satirique brillant. Céton est le stéréotype de l'homme possessif qui exige une fidélité absolue de la part de Monime. Or, le Génie lui fait remarquer sa profonde hypocrisie : non seulement Céton oublie sa condition pour aller lutiner une autre femme, mais il s'indigne de la faiblesse supposée du sexe féminin alors qu'il se montre bien moins résistant à la tentation que Monime. C'est une critique acerbe de l'arrogance masculine.
Prince Pétulant[modifier]
Le Prince Pétulant est charmant, éloquent mais inconstant, cherchant dans l'amour une volupté immédiate.
Aramire[modifier]
Aramire, son ancienne maîtresse, est une coquette ambitieuse qui ne l'a aimé que pour le crédit et le rang qu'il lui procurait, et qui cherche à se venger de sa disgrâce.
- Ce que l'autrice exprime : Pétulant et Aramire incarnent la fausseté de la galanterie de cour. L'autrice oppose radicalement l'« amour-passion » (éphémère, vénal et destructeur) à la véritable amitié et à l'amour fondé sur la vertu. Aramire symbolise la vénalité des relations mondaines, tandis que Pétulant montre la superficialité des promesses masculines.
Quatrième ciel : Mars[modifier]
- Mars
- Gloire aux destructeurs

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Abrégé[modifier]
Univers hostile, bruyant, où l'air résonne du cliquetis des armes, la société martienne est entièrement organisée autour de la guerre, de la domination et du conflit permanent. Les seules valeurs reconnues sont la force brute, le courage au combat et la capacité à soumettre l'autre. C'est un monde d'action destructrice.
L’autrice nous livre au passage quelques pages d’histoire mettant en exergue le fait que celle-ci est balisée par des guerres et des désirs de conquêtes dont on se glorifie.
Caractéristiques générales des Martiens[modifier]
- Identification par l'ennemi (le besoin de l'Autre pour exister) :
- Contrairement au Vénérien qui utilise l'autre comme miroir de sa beauté, le Martien a besoin de l'autre comme victime pour exister. Un guerrier sans ennemi n'est rien. Leur psychologie est donc profondément réactive : ils ne se définissent que par ce qu'ils combattent. Si la paix survient, ils sombrent dans l'angoisse et la dépression (le vide existentiel).
- La pulsion de mort sublimée (Thanatos) :
- Ils ont inversé le désir de vivre. La peur de la mort est remplacée par la fascination pour elle. Le sacrifice au combat n'est pas vu comme une perte, mais comme l'accomplissement ultime de leur identité. C'est une psyché masochiste où la souffrance et le risque sont les seules choses qui les font se sentir vivants.
- L'hypertrophie de l'ego et la susceptibilité (le point d'honneur) :
- Le Martien est incapable de distinguer une critique intellectuelle d'une agression physique. La moindre nuance, la moindre ambiguïté est perçue comme une offense mortelle. Cette fragilité egoïque masquée par une posture de force les rend facilement manipulables par ceux qui savent appuyer sur leurs "gâchettes" psychologiques.
- Intention de l'autrice
- Dans ce quatrième ciel, Marie-Anne Robert s'attaque au cœur du pouvoir masculin de son époque : la gloire militaire et la violence légitime.
- La démythification de la guerre et du héros : au XVIIIe siècle, la noblesse tire sa légitimité de l'épée et de la guerre. L'autrice démontre que la vaillance martienne n'est pas de la grandeur d'âme, mais une pathologie, une addiction à l'adrénaline et au pouvoir.
- Comprendre la logique du conflit pour la désamorcer : Une reine doit souvent faire face à l'agressivité (conflits de cour, complots, guerres dynastiques). Il ne s’agit pas de devenir une pacifiste naïve, mais de comprendre la mécanique de la violence. La reine doit apprendre à ne pas provoquer, ou à provoquer volontairement pour diriger la violence là où elle le souhaite.
- La supériorité de la maîtrise de soi sur la force brute : le message implicite est que celui qui s'emporte a perdu. Le Martien est esclave de ses émotions (la colère, la fierté blessée). La future reine, elle, doit rester au-dessus de ça. La véritable force n'est pas de frapper le plus fort, mais de ne pas avoir besoin de frapper.
Princesse Marsine (alias Chevalier Meilly)[modifier]
Héritière en exil, elle se travestit en homme et s'engage dans l'armée pour survivre et combattre ses oppresseurs. Elle s'y distingue par sa bravoure et son génie tactique.
- Ce que l'autrice exprime : Marsine est une préfiguration du destin de Monime (qui devra aussi reconquérir le trône de Géorgie). À travers elle, l'autrice démontre que le courage militaire, l'héroïsme et la rationalité ne sont pas l'apanage des hommes.
Prince Aricdef[modifier]
Général victorieux, il est lucide, infatigable, intègre, et sait tirer parti des faiblesses de l'ennemi sans cruauté inutile.
- Ce que l'autrice exprime : il incarne la critique du militarisme aveugle. Zachiel enseigne à Céton que la véritable valeur doit toujours être « réglée par la prudence et la modération ». Aricdef représente l'idéal du chef d'armée éclairé des Lumières, opposé au tyran assoiffé de gloire personnelle.
Officiers Saliens (satire de l'Ancien Régime)[modifier]
De jeunes courtisans efféminés, plus préoccupés par leurs intrigues amoureuses, leur poudre et leurs manchettes que par l'art des fortifications.
- Ce que l'autrice exprime : Marie-Anne Robert dresse ici un portrait satirique féroce de l'aristocratie militaire française du XVIIIe siècle. Elle critique l'achat des charges militaires et le fait que de jeunes nobles incompétents mènent des armées au désastre uniquement pour briller à la cour, dénonçant ainsi une société où les valeurs guerrières ont été vidées de leur substance par la frivolité.
Milord Céton et Monime (L'évolution)[modifier]
- Céton
Son apprentissage est rude. Il cède de nouveau à ses passions (la colère et la jalousie face au chevalier Meilly) sans utiliser sa raison. Le génie lui rappelle qu'un souverain doit savoir maîtriser ses émotions avant de vouloir diriger les autres.
- Monime
- Tout d'abord effrayée et refusant de s'intéresser à l'art militaire, elle évolue au contact de Marsine : la révélation de l'identité du chevalier Meilly lui prouve qu'une femme peut se mêler activement de politique et de guerre.
Cinquième ciel : Soleil[modifier]
- La Sagesse des Solariens éclaire le savoir de tous les humains

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Abrégé[modifier]
Pris d’abord pour les îles Fortunées — à juste titre puisqu’il est le lieu de vie ultime des savants —, le Soleil éblouit nos voyageurs, au sens propre comme au sens figuré. Ils y rencontrent les plus grands savants de l’humanité de toutes les époques
Dans le Cinquième Ciel (le Soleil), qui est l'utopie de la rationalité et le séjour des bienheureux de l'esprit, Monime et Céton rencontrent une impressionnante assemblée de grands esprits de toutes les époques. Marie-Anne Robert y a rassemblé des savants, des philosophes, mais aussi des femmes illustres et des hommes de lettres.
- Les astronomes, physiciens et mathématiciens
- Thalès, Anaxagore, Pythagore, Démocrite, Aristarque, Hipparque, Ptolomée (Antiquité).
- Copernic, Galilée, Gassendi, Tycho Brahe, Kepler, Cassini, Descartes, Newton (les modernes).
- Nostradamus
- Les philosophes et moralistes**
- Aristote, Socrate, Platon, Épicure, Zénon, Chrysippe, Pline, ainsi que le sage chinois Confucius (Antiquité).
- Montaigne, Érasme, Pascal, La Bruyère, Fénelon, Bossuet, Montesquieu, Bayle, La Rochefoucauld (les modernes).
- Fontenelle** fait également une apparition remarquée, puisque toute la ville se rassemble pour célébrer son arrivée récente dans ce monde solaire.
- Les femmes illustres et savantes
- La grande femme de sciences, Émilie du Châtelet, désignée comme « l'ingénieuse du Châtelet ».
- Madame de Maintenon**, Madame de Sévigné, **Sappho**, Madame Deshoulières, Madame de Villedieu.
- Les alchimistes et cabalistes**
- Paracelse, Avicène
- Nicolas Flamel**.
- Les poètes, dramaturges et historiens
- Homère**, Thucydide, Hypéride, Pindare, Euripide, Sénèque, Horace, Juvénal, Térence, Plaute, Anacréon.
- Les grands auteurs français
- Corneille, Racine, Marot, Molière, La Fontaine, Boileau*, Jean-Baptiste Rousseau, Crébillon, sans oublier le fabuliste de l'Antiquité Ésope et l'écrivain burlesque Scarron.
Sur le Soleil, être vu est une obligation, on ne peut rester dans l’ombre.
L’érudtion de l’autrice prouve en soi ce qu’elle cherche à démontrer : les femmes éduquées (comme c’est le cas chez les Solariens) ont autant de compétences que les hommes.
Caractéristiques générales des Solariens[modifier]
- Transparence et vérité
- Les habitants du Soleil possèdent des corps diaphanes et transparents. Sans leurs habits, on peut voir à travers leur cerveau ce qu'ils pensent et distinguer dans leur cœur les passions qui les agitent.
- → Vertu ou outil de contrôle totalitaire ?
- → Effacement de l’intimité ?
- Les habitants du Soleil possèdent des corps diaphanes et transparents. Sans leurs habits, on peut voir à travers leur cerveau ce qu'ils pensent et distinguer dans leur cœur les passions qui les agitent.
- Intention de l’autrice
- Empruntant cette idée à Cyrano de Bergerac, Marie-Anne Robert fait du Soleil le monde de la vérité absolue. L'hypocrisie et le mensonge (si présents sur la Lune ou Mercure) y sont physiquement impossibles. C'est l'astre de la perfection morale, où les âmes purifiées par la « métempsycose astronomique » viennent former les esprits vitaux de l'univers.
Robert s'attaque au mythe du "bon despote" et au siècle des Lumières lui-même (le "Siècle de la Raison" qui éclaire tout).
- Déconstruire le mythe de la Lueur bienfaisante : Au XVIIIe siècle, la Lumière est la métaphore ultime de la vérité et du progrès. Robert montre que la lumière absolue est aussi cruelle que les ténèbres. Une lumière qui ne laisse aucune place à l'ombre, c'est-à-dire à l'intimité, au mystère, à la pudeur, est une violence. Elle prévient sa future reine : méfie-toi de ceux qui prétendent tout savoir, tout voir, tout éclairer.
- Le piège de l'exercice visible du pouvoir : Une reine pourrait être tentée de régner comme le Soleil, en imposant sa volonté de façon éclatante et publique. Robert lui enseigne que la vraie force n'est pas d'être le centre éblouissant (car on finit par vous détester ou par vous craindre au point de vous renverser), mais de savoir rester dans l'ombre quand il le faut.
Monime (Le manifeste de l'égalité intellectuelle)[modifier]
Monime est traitée avec le plus grand respect par les savants, qui admirent la netteté de son raisonnement. Cependant, dotée d'un grand sens pratique, elle finit par s'ennuyer face aux discours trop abstraits ou aux paradoxes absurdes des philosophes (qui cherchent à prouver que le néant est quelque chose ou que le bleu est noir).
- Ce que l'autrice exprime : Le Soleil est le lieu du plaidoyer féministe le plus explicite de l'œuvre. L'autrice y affirme que « l'âme n'a point de sexe ». Sur le Soleil, les femmes reçoivent la même éducation que les hommes et ne leur sont en rien inférieures. Marie-Anne Robert dénonce violemment la société terrestre qui maintient les femmes dans l'ignorance : leur interdire l'accès aux sciences exactes est décrit comme une « injure » funeste qui cause leurs faiblesses et leurs superstitions.
Les Femmes Savantes (L'anti-Molière)[modifier]
Contrairement à l'Académie de la Lune qui n'inventait que des modes futiles, l'édifice des femmes du Soleil abrite de véritables intellectuelles et écrivaines (Mme de Sévigné, Émilie du Châtelet).
- Ce que l'autrice exprime : Elle réhabilite la femme de lettres et la femme de sciences. En plaçant Émilie du Châtelet au même niveau que Newton ou Descartes, elle refuse que la gloire intellectuelle soit confisquée par les hommes. Elle prend le contre-pied des moralistes de son temps (et de Rousseau notamment) qui jugeaient les sciences inaccessibles ou inappropriées aux femmes.
Séphise (Le miroir de Monime)[modifier]
Princesse vertueuse ayant partagé l'exil et la misère de son père détrôné, elle est sauvée in extremis d'un monstre par un génie.
- Ce que l'autrice exprime : Séphise est un double narratif de Monime. Toutes deux sont des princesses en exil dont le trône a été usurpé. La métamorphose de Séphise en étoile confirme à Monime que la pureté d'âme et la résilience face à l'infortune sont toujours récompensées par les instances supérieures.
Sixième ciel : Jupiter[modifier]
- Hybris des Joviniens

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Abrégé[modifier]
Nos voyageurs pensent d’abord se retrouver sur Mercure. Cependant, ici, ce n’est pas l’Argent qui domine mais le Titre de noblesse.
- En 1765, la bourgeoisie n’a pas encore renversé la noblesse mais elle est très présente et il n’échappe pas à l’autrice que les effets pervers de l’une et de l’autre ne manquent pas de points communs.
Caractéristiques générales des Joviniens[modifier]
- Orgueil, Arrogance, fierté, vanité, mépris des petits (dénués de titres) comptent pour les Joviniens de façon obsessionnelle. Le respect de l’étiquette est primordial pour eux. La Justice y est plus faste et intimidante que juste. La parure et la généalogie sont au centre des préoccupations.
- Intention de l’autrice
- Dénoncer la Raison d’État.
- Dénoncer la lenteur des décisions qui n’est pas une sagesse prudente mais une sclérose sénile.
- Dénoncer une institution trop lourde.
- Dénoncer le luxe de l’État au détriment de dépenses plus utiles.
Empereur de Jupiter[modifier]
Monarque puissant, d'abord entouré de courtisans corrompus et d'illustres trompeurs, il se révèle néanmoins bon, compatissant et soucieux du bonheur de son peuple lorsqu'il est bien conseillé.
- Ce que l'autrice exprime : il incarne l'idéal du souverain éclairé. À travers lui, l'autrice démontre que le salut d'un État repose sur l'écoute de la raison (symbolisée par les génies) et sur l'établissement de lois gravées dans les mœurs plutôt que maintenues par la seule autorité.
Monime (Le refus de l'ambition pour le devoir)[modifier]
Brillante et admirée de tous les grands esprits, elle maîtrise les codes de la cour avec ironie (en inventant ses propres titres de noblesse). Elle devient la confidente politique de l'Empereur.
- Ce que l'autrice exprime : le séjour sur Jupiter est le test ultime de son éducation politique. Face à l'offre de l'Empereur, Monime prouve qu'elle a vaincu l'ambition personnelle et la vanité. Elle choisit la difficulté : renoncer à un trône impérial tout acquis dans les cieux pour retourner sur Terre affronter le tyran qui a usurpé la Géorgie. Elle affirme ainsi son sens des responsabilités et son libre arbitre.
Zachiel et Samaël (La Raison politique)[modifier]
Les génies agissent ici comme des ministres invisibles. Samaël, le protecteur de Jupiter, instaure la justice, tandis que Zachiel continue d'éprouver Monime et Céton.
- Ce que l'autrice exprime : ils représentent la philosophie des Lumières appliquée à la gouvernance. L'autrice affirme que les souverains ne peuvent régner de façon juste qu'en s'entourant d'esprits rationnels, capables de percer à jour les hypocrisies des courtisans.
Septième ciel : Saturne[modifier]
- Saturne, l’âge d’or
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Abrégé[modifier]
Sur Saturne, nos voyageurs découvrent un monde pastoral, directement inspiré de l’âge d’or sur lequel a régné Saturne. Le modèle est également celui de l’Arcadie.
Saturne incarne aussi la mélancolie. Un certain attachement au passé peut être noté dans ce monde saturnien. Le syndrome de Cronos se manifeste par le refus de progresser en laissant s’exprimer la descendance.
Caractéristiques générales des Abadiens[modifier]
- Modestie, culture de l’esprit et de la terre, mépris des frivolités et des modes
L'Empereur de Saturne (l'idéal du Monarque Éclairé)[modifier]
Il rend la justice au milieu du palais de la Nature : il gouverne avec justice et fermeté, s'attache à prévenir le crime plutôt qu'à le punir, et considère ses sujets avec un amour véritablement paternel.
- - Agriculture commerce soutenus par l'État.
- - Gens de lettres bénéficiant d’une totale liberté d’expression.
Floride, Cléontine et les femmes saturniennes (L'apologie de la vertu et de l'amitié)[modifier]
Floride et Cléontine, deux jeunes veuves unies par une amitié pure et indissoluble, à l'abri des affres de la passion. Elles illustrent parfaitement la condition des femmes sur Saturne
- Marie-Anne Robert utilise ces personnages pour démontrer que les femmes, lorsqu'elles sont libérées des injonctions terrestres à la coquetterie (comme vu sur la Lune ou Vénus), atteignent une élévation morale et intellectuelle parfaite.
Monime / Princesse Thaymuras (La révélation et l'accomplissement)[modifier]
C'est sur Saturne que le véritable but du voyage éclate au grand jour : Zachiel révèle à Céton que Monime n'est pas sa sœur, mais la princesse Thaymuras, l'héritière légitime du trône de Géorgie, dont la famille a jadis été dépossédée par un tyran.
Monime épouse son cousin Céton, par choix, et reconquiert son royaume/
Documentation[modifier]
→ Voyage de Milord Céton dans les sept planètes par Marie-Anne Roumier-Robert ou le nouveau mentor (1758) (Classiques Garnier, 2024) |→ Voyage de Milord Céton dans les sept planètes par Marie-Anne Robert (1765) (Wikisource)
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→ Lumières féminines et liberté de parole : Marie-Anne de Roumier-Robert (1705-1771), voyageuse immobile (article en ligne par Huguette Krief, Astrolabe, 2020)
→ Marie-Anne Robert. Voyage aux planètes des femmes (article en ligne par Francesca Pagani, Academia, 2020)


